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Parce que nous sommes ici et que les enfants sont là-bas,
Parce que nous n’avons pas tous la chance d’aller là-bas...
Cette rubrique accueillera des témoignages, des portraits, des "petits bouts de vie", des expériences au quotidien, des vécus pas comme les autres à l’école Sainte-Thérèse.
Merci à Christine, aux personnes présentes sur place et aux "grands voyageurs", de nous faire partager ces instants particuliers. |
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Lettre de Sœur Henriette, directrice de l’école
Le 29 décembre 2010 |
Bien chers tous,
Arrivée à la fin de l’année 2010 et au bout du 1er trimestre de l’année scolaire, je viens de nouveau m’entretenir avec vous.
Tout d’abord, je vais vous parler du climat. Après avoir fait attendre longtemps, la pluie est finalement arrivée… Les villageois sont actuellement en plein repiquage des plants de riz. Heureusement que les enfants sont en vacances pour aider leurs parents.
L’année prochaine, nous fêterons le dixième anniversaire de l’arrivée des premières sœurs au village. Sœur Denise, qui est décédée le 19 février 2010, sœur Clarisse qui est maintenant à l’école d’Ambohimitsimbina et moi-même étions arrivées le 31 août 2001. Mais comme à cette date, les élèves seront en vacances, nous le célèbrerons le 2 juin 2011. Pour le marquer, nous avons décidé de construire un bâtiment qui comprendra :
- au rez-de-chaussée un préau avec une cuve de réserve d’eau (le problème d’eau est crucial au village et nous voulons recueillir le maximum possible des eaux de pluie),
- quatre salles de classe sur deux étages. En effet, nous voulons faire des classes parallèles pour le collège, parce que depuis quelques années nous avons toujours eu deux sixièmes et la logique voudrait que les classes continuent à être parallèles jusqu’en 3ème. D’autre part, depuis un certain temps à chaque visite de la Supérieure Générale, l’association des parents d’élèves n’a pas cessé de demander l’ouverture d’un lycée parce qu’il n’y en a pas un sur un rayon de 10 km. Si ce projet devait se réalise un jour, il est certainement prudent d’affermir le collège pour avoir un nombre d’élèves suffisants en seconde. Les deux classes du second étage seront séparées avec une cloison amovible pour servir de grande salle quand c’est nécessaire.
Les travaux ont commencé le 26 novembre 2010 avec les tâcherons qui ont construit nos maisons sous la supervision des techniciens des pères Jésuites.
Les classes ont fini le 17 décembre à midi et reprendront le mardi 11 janvier 2011.
Du 18 au 23 décembre, tous nos enseignants ont suivi une formation sur la pédagogie « Main à la pâte » par les formateurs de l’ONG DÉFI qui étaient venus au village.
Avant de m’arrêter, du plus profond de mon cœur, je vous adresse mes meilleurs vœux de bonne, sainte et heureuse année 2011.
Je vous embrasse de tout cœur.

Des nouvelles de Sœur Henriette, directrice de l’école
Le 29 novembre 2009 |
Bien chers tous,
En ce 1er dimanche de l’Avent, je viens avec joie m’entretenir avec vous.
Comme certains d’entre vous l’ont déjè appris, nous avons eu au niveau de la Congrégation le chapitre d’élection du 31 Août au 18 Septembre 2009. Sr Marie Goretti a été élue Supérieure Générale pour un mandat de 6 ans. Il n’y a pas eu de changement à la communauté d’Ambohitsoabe. Courageusement donc, je me suis remise à ma fonction de directrice d’école.
L’année scolaire a commencé le 19 Octobre. Il y a 396 élèves cette année, répartis en 11 classes : - 5 classes avec 8 enseignants et 185 élèves en secondaire (il y a 2 sixièmes parallèles), - 6 classes avec 7 enseignants et 211 élèves en primaire. Nous aurons les vacances de Noël du 18 Décembre au 04 Janvier 2010.
Normalement, nous devrions être en pleine saison chaude et pluvieuse. La chaleur est bien arrivée, par contre la pluie est très capricieuse: une fois tous les 15 jours mais avec de grosses grêles, de l’ouragan et la foudre qui fait peur… C’est tout un problème quand il se met à pleuvoir à la sortie des classes avec les élèves qui vont faire 8 km à pied!
Cette semaine, il y a une forte épidémie de grippe dans le village. Il y a une bonne cinquantaine d’élèves qui ne peuvent pas venir à l’école. Tous les jours, nous faisons les va-et-vient vers le centre de santé de base (C.S.B.). Hier, nous avons brûlé dans toutes les classes des "feuilles d’eucalyptus blanches" avec du romarin pour essayer de faire un genre d’inhalation collective… Nous nous sentons bien démunies devant la situation! J’espère que la santé va rentrer dans l’ordre bientôt.
En cette fin d’année, permettez-moi, avec nos élèves, les enseignants et tout le personnel de l’école de vous présenter nos meilleurs vœux de "Joyeux Noël, de Bonne, Sainte et Heureuse Année 2010!".
Je profite également de cette occasion pour vous exprimer notre sincère merci pour ce que vous êtes et faites pour l’école.
Croyez en notre bon souvenir et notre reconnaissance priante.

Lettre de Sœur Henriette, directrice de l’école
Le 15 mars 2008 |
Bien chers tous,
Depuis le 13 mars à 16h, notre collège est en vacances de Pâques. Les JMJ de notre diocèse ont commencé le 14 à Alarobia/Ambatomanga, un district religieux à 12 km de chez nous. Nos jeunes de quatrième et troisième sont partis à plusieurs participer à cette rencontre. Je profite de ce répit pour m'entretenir avec vous.
Comme vous l'avez peut-être appris par les médias, un cyclone Ivan (le terrible!) a traversé tout Madagascar du 17 au 25 février. Au village, l'électricité était coupée du 17 au matin jusqu'au 23 après-midi. Les élèves n'ont pas pu venir à l'école le 18 et le 19. Toutes les pistes qui nous reliaient à la RN 2 étaient coupées. Aucun taxi-brousse ne pouvait passer pendant une semaine. Nous étions complètement isolés.
Au collège, les dégâts, par rapport à l'ensemble de Madagascar, étaient tolérables : les gouttières du primaire ont été emportées par le vent, une partie des toits du logement des enseignants aussi. C'était plutôt la tension psychologique qui était dure à vivre…
Cette année, les 30, 31 mai et 1er juin, nous allons ouvrir la célébration des 50 ans de l'école et les 7 ans de l'arrivée des sœurs (c'était le 31 Août 2001!). La clôture aura lieu en Juin 2009. Voici le programme pour la fin Mai:
- le 30 mai : déjeuner de tous les élèves dans la cour de l'école avec tous les enseignants. Chaque classe fera cuire le riz et l'école offrira la viande. Nous élevons 2 cochons pour cette occasion. Chaque élève apporte 1 kapoaka de riz.
- le 31 mai matin, il y aura un match de foot et un match de basket entre nos élèves. L'après-midi, chaque classe fera un petit spectacle de 15 mn chacun (danse ou saynète) ainsi que le corps des enseignants. Nous inviterons les parents : l'entrée sera gratuite et chacun sera libre de participer financièrement selon ses moyens.
- le 1er juin matin, il y aura une messe solennelle.
Le 16 juin aura lieu le dernier examen du C.E.P.E. pour Madagascar. Pour notre commune, il se passera chez nous comme il l'a été depuis 3 ans. 42 de nos élèves le passeront.
Du 7 au 10 juillet aura lieu le B.E.P.C. 33 de nos élèves le feront.
Voilà à peu près les nouvelles du collège.
Je vous souhaite à tous une bonne fin de carême, une joyeuse fête de Pâques
Sr Marie Henriette

Interview de Sœur Henriette, directrice de l’école
par Christine - octobre 2005 |
Christine : Depuis quand la Communauté est-elle installée à Ambohitsoabe ?
Sr Henriette : Le 31 août 2001, nous sommes arrivées Sœurs Clarisse, Denise et moi dans le village d’Ambohitsoabe, sur la commune de Miadanandriana.
Christine : Pourquoi avez-vous choisi cette école ?
Sr Henriette : Le curé et le maire de la commune (protestant) avaient fait une demande officielle auprès du Cardinal afin qu’une Communauté de sœurs viennent s’installer au village pour s’occuper de l’école.
Ils avaient choisi la congrégation des "Filles de l’Église", à laquelle nous appartenons, car le fondateur de notre congrégation a été autrefois curé du secteur. C’est lui, qui dans les années 50 - 60, a été à l’origine de la création de l’école privée paroissiale Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.
Christine : La scolarité est-elle obligatoire à Madagascar ?
Sr Henriette : En théorie, la scolarité est obligatoire jusqu’en classe de 7ème (CM2). Dans la théorie, beaucoup d’enfants ne fréquentent encore pas l’école. Pourtant, le Président actuel, Marc Ravalomanana, a mis en place depuis 2002 des actions incitatives. Ainsi, chaque famille reçoit de l’état chaque année une somme de 10 000 FMG (1€ = 12 200 FMG environ en septembre 2005) par élève de primaire scolarisé. Les élèves de 11ème reçoivent également un kit scolaire (cartable avec trousse) et les livres de classe de primaire sont donnés par l’état.
Christine : Comment était l’école à l’arrivée de la Communauté ?
Sr Henriette : Depuis 1997, la paroisse avait réouvert l’école avec 4 enseignants, allant des classes de 11ème à 8ème. Sur les 2 enseignants d’alors, deux exercent encore actuellement au sein de l’école.
Christine : Quelle a été l’évolution de l’école depuis 2001 ?
Sr Henriette : Notre première rentrée a eu lieu le 11 septembre 2001 avec 80 élèves. Dès notre arrivée, nous avons ouvert une classe de pré-scolaire (maternelle ou jardin d’enfants) animée par Sr Clarisse.
Nous avons également ouvert une classe de 6ème sous ma direction. En effet, comme les résultats de l’examen du CEPE de 2001 (niveau 7ème) avaient été très bons, beaucoup d’élèves étaient inscrits en 6ème et le collège public n’avait pas la capacité suffisante pour accueillir tous ces élèves. Nous avons donc décidé l’ouverture de cette nouvelle classe. J’étais alors aidée d’un séminariste stagiaire et de Monsieur Joseph, enseignant en sciences au collège public.
De plus, comme certains élèves venaient de très loin (jusqu’à 10 km à pieds, soit 20 km aller/retour), nous avons mis en place une cantine. Pour cela, nous avons embauché la maman d’un des élèves de l’école.
Christine : Avec l’ouverture de ces classes supplémentaires, et notamment celle de 6ème, n’allait-il pas se poser un problème de capacité d’accueil au sein de l’école ?
Sr Henriette : En effet, le nombre de salles de classes allait devenir insuffisant. Cependant, le Maire, à l’initiative du projet, avait obtenu des aides financières publiques de la part du FID (Fond d’Intervention de Développement) pour la construction d’un collège. La commune ne devait plus financer que 10% du montant total du projet.
Christine : Comment ces 10% ont-ils été collectés ?
Sr Henriette : A Madagascar, il est d’usage que les personnes ayant quitté leur village natal aident, si leurs moyens le leur permettent, le village dont ils sont originaires. Ces personnes sont appelées les "zanaka am-pielezana". Ce sont elles qui ont financé 2/3 des fonds nécessaires. Le reste a été versé par les parents d’élèves grâce à l’aide que l’état donne chaque année par élève de primaire. Chaque famille bénéficiaire a reversé une partie de cette somme pour le fonctionnement de l’école.
Christine : Quand les travaux du collège ont-ils démarré ?
Sr Henriette : Les travaux ont commencé en février 2002 et se sont achevés en novembre 2002. C’est pour cela que lors de la rentrée de septembre 2002, une partie des cours se déroulait dans la salle communale. L’école comptait alors environ 170 élèves et deux niveaux de classes supplémentaires : la 7ème et la 5ème.
Christine : Le fonctionnement de l’école était donc satisfaisant pour cette seconde année ?
Sr Henriette : Pas entièrement car certaines salles de classes, datant de la construction initiale de l’école, n’étaient vraiment pas adaptées pour l’enseignement. Les pièces étaient petites et très bruyantes d’une classe à l’autre. Il a donc été décidé de faire une extension (étage) d’un des bâtiments existant et bien adapté.
Christine : Comment a été financée cette extension ?
Sr Henriette : Cette fois, il n’y a pas eu d’aide de la part du FID. L’argent a été collecté grâce aux dons des "zanaka am-pielezana" (beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs d’anciens élèves de l’école) qui ont organisé des spectacles et autres actions diverses. La vente d’artisanat malgache à l’étranger ainsi que d’autres dons privés ont permis la réalisation de cette extension qui s’est achevé en 2003.
Christine : Et ensuite ?
Sr Henriette : En septembre 2003, nous avons ouvert une classe de 4ème. Il y avait alors 205 élèves à l’école. Comme le nombre d’élèves demi-pensionnaires était de plus en plus importants, nous avons envisagé la création d’un réfectoire avec cuisine. Jusque là, les enfants mangeaient assis par terre sur des nattes à l’extérieur. Le projet comprenait également un bureau pour la directrice, une salle des professeurs, une bibliothèque et un laboratoire pour les travaux pratiques.
Ce projet a été financé grâce à des dons privés. Les travaux ont démarré en avril 2004 et se sont achevés en mai 2005. Les aléas financiers ont été à l’origine des retards de la construction.
Pour la rentrée de septembre 2004, nous étions 300 élèves, dont environ 120 demi-pensionnaires. La classe de 3ème a été ouverte avec pour objectif l’examen du BEPC en fin d’année.
Christine : Et quels ont été les résultats du BEPC ?
Sr Henriette : Sur les 18 élèves de 3ème, 12 ont réussi leur examen et ont été admis en 2nde, ce qui constitue un bon résultat. 11 d’entre eux ont également réussi à l’examen d’entrée au lycée technique d’une des communes voisines.
En ce qui concerne le CEPE, pour les 7ème, 28 élèves sur 31 ont réussi leur examen.
Christine : Quels sont les projets de l’école aujourd’hui ?
Sr Henriette : Pour cette rentrée 2005, nous sommes 395 élèves, dont 177 collégiens. Le réfectoire est terminé mais il manque encore le mobilier (tables, bancs). De même, la bibliothèque n’est pas encore aménagée, il manque les étagères. Nous envisageons également de mettre des vitres aux fenêtres car les hivers sont froids et les étés très pluvieux. La cuisine non plus n’est pas encore aménagée.
Nous avons également démarré la construction d’un terrain de basket pour que les élèves puissent s’entraîner en vue de l’épreuve du BEPC.
Mais le plus gros projet auquel nous réfléchissons actuellement porte sur la construction de classes parallèles pour le collège. En effet, cette année, les élèves de 6ème sont au nombre de 85. Pour un meilleur fonctionnement, nous avons donc ouvert une seconde classe de 6ème. C’est la salle des professeurs qui a été transformée pour l’occasion en salle de classe. Un nouveau bâtiment s’impose donc rapidement.
Christine : À ce que je vois, vous n’êtes pas prêtes de vous arrêter
Sr Henriette : Effectivement, et pour tout vous dire, je rêve également d’installer des jeux (balançoire, tourniquets, toboggans, etc) dans la cour de récréation pour les enfants de maternelle, mais...

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